« Comme des naufragés » C’est un sentiment et une prise de conscience qui s’installent avec le temps. Cela vise à illustrer à quel point nous sommes perdus lorsque nous sommes séparés, une réalité que peu de gens connaissent et que nous oublions souvent.
La vie humaine est un lieu où l’on ne peut demeurer éternellement, et pourtant, on ne le perçoit pas ainsi. Les jours s’écoulent et, lorsqu’on refait surface, on réalise qu’on était mort. Nous vivons comme des naufragés, pensant trouver la vie sur le rivage, et c’est justement lorsque nous sommes à bout de souffle que nous nous sentons le plus vivants.
Nous savons que l’on peut vivre en prison ou en visionnaire. Prison si l’on est observé, vision si l’on est l’observateur. C’est dans le changement de rôle que l’on reprend conscience.
Je peins, je dessine ou j’écris pour matérialiser des visions.
Le mouvement de l’eau en pleine nature, l’état supposé des choses, l’invisibilité du temps qui passe, le murmure de la montagne, mais aussi les histoires bien racontées, peuvent me relier à des états sublimes.
L’exposition que je vous présente réunit certaines de ces visions dans un même espace. Ce sont des œuvres réalisées avec des techniques picturales et xylographiques, mais aussi avec divers matériaux galvanisés de la couleur des pièces.
J’ai sélectionné les œuvres qui reflètent le mieux les moments d’illumination, celles qui me semblent appropriées pour illustrer le titre de l’exposition, mais aussi celles qui montrent des étapes de la vie d’un naufragé ou la vie qui se déroule entre deux naufrages.
Je vous souhaite un bon voyage et que la vie vous permette de créer .
Marta Córcoles 2025
Marta Córcoles
Marta Córcoles (Barcelone, 1975) étudie le diplôme supérieur en arts appliqués muraux (peinture) à l’École des arts plastiques et du design supérieur d’Olot, où elle a l’opportunité de participer à des cours avec des artistes et des professeurs tels que Jordi Isern, Rafel G. Bianchi, Mafa Alborés, Carme Ortiz ou Marta Trepat entre autres.
À partir de 2011, elle a commencé à développer des œuvres de grand format, d’abord en gravure, puis en mêlant cette technique à des procédés picturaux, utilisant toiles, papier et objets. Ce faisant, elle s’est peu à peu éloignée de son style figuratif marqué pour créer des textures et des couleurs diffuses, explorant ainsi l’abstraction.

